Zeina

Zeina

- Peux-tu te présenter

Salut tout le monde ! ♡ Je m’appelle Zéïna M. j’ai 27 ans et je suis community manager en freelance.



- Qu'est-ce que c'est que de travailler dans le secteur de la mode en tant que mannequin en Guadeloupe ?

En toute honnêteté, le milieu de la mode aux Antilles est assez compétitif et sélectif… Il faut savoir se vendre, créer les bons contacts mais aussi apprendre à se réinventer - si on différencie la mode en tant que mannequin défilé et la mode en tant que modèle photo.

Cela fait plus de 6 ans aujourd’hui que j’évolue dans ce milieu, et je dirais qu’avec l’arrivée des réseaux sociaux, ça a transformé ce secteur et la rendu plus accessible ! (et en quelque sorte moins prestigieuse).

Mais c’est assez cool de pouvoir créer des connexions avec les autres et laisser libre choix à sa créativité pour proposer plus librement du contenus (malgré la concurrence).

- Que penses-tu de l'industrie de la mode et de son rapport avec ta culture ?

Je dirais que tout dépend du point de vue qu’on utilise pour observer ce rapport. L’industrie de la mode pour moi est une grande machine où il est facile de s’y perdre, l’impact que peux avoir ma culture dans l’industrie de la mode est très souvent copié, effacé, décrédibilisé face aux grands de ce monde… Donc rare son ceux qui parviennent à sortir du lot et à nous représenter.

Cependant, je dirais qu’on (antillais) ne connaît pas assez bien nos racines, notre histoire, et ce que représente notre culture pour ce vaste monde pourtant, ce n’est que grâce à nous, descendants qu’une trace à part entière de cette culture peut être laissée de manière indélébile.

- Comment as-tu commencé dans le mannequinat ?

En 2012, j’ai participé au concours de Miss et Mister de mon lycée et pour réaliser ma robe de soirée, j’ai contacté une styliste au nom d’Eliette Lesuperbe. Suite à ce concours, que j’ai remporté, elle m'a proposé de participer à son défilé qui devait se passer quelques jours après, et voilà, se fût le premier d’une longue liste.

- Quelle est la partie la plus passionnante de ton travail ?

En tant que community manager ? La création ! Et je ne parle pas que du moment devant la caméra ou l’objectif, mais du travail de réflexion en amont. S’imaginer dans le contexte, développer l’idée pour créer tout un concept qui je l’espère à chaque fois, transportera l’audience.

Mais en tant que mannequin, je dirais m’approprier l’univers du styliste : découvrir les tenues, faire les essayages, choisir LA bonne paire de talons etc…

- À quoi ressemble une journée typique pour toi ?

En général, je me réveille à 8h, je regarde en premier mes mails avant de sortir du lit.

Pour bien commencer ma journée, je commence toujours par un grand verre d’eau à jeun ensuite je procède à ma routine, mes soins du visage, m’occuper de mes locs, etc. Avant de m’attaquer à mon travail sur mon ordinateur directement de chez moi. Dès que 11h30 arrivent, je commence à m’occuper de mon déjeuner.

Vers 14 h, je reprends mon travail pour mes clients, pendant environ 4 h puis à 18 h 30, je vais à la salle de sport.

21 h, après ma routine de nuit, je m’occupe de mon dîner, je chill devant NETFLIX et m’informe des dernières nouvelles nationales et internationales afin de me déconnecter de mon téléphone et de clôturer la journée. Pour finir, je vais me coucher vers les minuits. : ).


- Selon toi, quelle est la plus grande différence entre la mode (tendance) en Europe et aux Caraïbes ?

J’ai pris du temps à choisir qu’une différence, mais je dirais le choix.

Nous n’avons pas autant de choix de grandes enseignes chez nous qu’en France, d’ailleurs, nous sommes nombreux à commander chez eux, ce qui influence beaucoup sur les prix des produits et de l’importation (sans compter les taxes) + les prix pratiqués par nos vendeurs locaux, puis, si je peux rajouter une autre différence, en Europe, les saisons sont changeantes, alors qu’en Guadeloupe, il est plu susceptible d’avoir un temps constant donc forcément la tenue vestimentaire ne sera pas la même.

- Quelle est la chose que tu aimerais que les gens sachent sur ta culture ?

J’aimerais que ma culture soit reconnue pour ce qu’elle est et non-pas par les dictacts de la société. Elle est plurielle et authentique, fière et féroce, et ne s’arrête pas aux seuls motifs madras, aux tambours et à la cuisine épicée… Nous sommes influencés par nos voisins caribéens, et sans chercher à copier, elle représente sa communauté dans tout son ensemble.

- De quoi es-tu le plus fière dans ton héritage culturel ?

Allez, juste pour ne pas répondre comme d’autres l’on déjà fait, je dirais le Carnaval et précisément en Guadeloupe. À l’époque de mes 15-16 ans, je défilais avec un groupe à caisse claire très réputé pour sa musique, son harmonie, ses danseuses toujours souriantes et étincelantes, tellement qu’on nous comparaît souvent au Carnaval de Rio ! Les costumes étaient travaillés, les chorégraphies bien préparées et ils le sont encore aujourd’hui ; que ce soit positif ou négatif, je trouve cela extraordinaire, car, même si nous n’avons pas des écoles et toute une institution comme au Brésil, nous sommes cependant impliqués pour rendre chacun de ces moments magiques, au-delà de ça, sa diversité avec les groupes à peaux qui nous servent à transmettre nos messages et nos maux, ou les groupes à ti-mass pour s’amuser, les groupes à synthé, etc..

La période carnavalesque est un rassemblement culturel qui se fait depuis des années maintenant et j’en suis sincèrement fière.

- Quelle est la plus grande idée fausse que les gens se font de la culture antillaise ?

Il y a tellement à dire… Mais je pense que la plus marquante pour moi est d’entendre qu’un Antillais n’a pas d’identité ! Qu’on est que des descendants d’esclaves déportés d’Afrique qui se sont ensuite appropriés les terres d’anciens résidents locaux qui ont été exterminés par les colons. Ok. Mais nous pouvons appliquer ce schéma sur plusieurs autres exemples dans le monde sans forcément parler d’un manque d’identité.

Avec un peu de recherche, on apprend que toutes les populations indigènes (Arawak et Tainos) n’ont pas été décimées, et se sont même éparpillés partout dans la Caraïbe (grandes et petites Antilles) sans compter le continent Sud Américain.

Dès là commence notre histoire,  car ensuite, le mélange organisé par le marché triangulaire à créer cette identité antillaise vaste et.

À chaque Antillais / Caraïbéens maintenant d’être patriotique et fière pour changer cette image !

- Selon toi, quel est le meilleur aspect du fait d'être antillaise/Guadeloupéenne ?

De provenir d’une île ! Et oui, tout le monde ne peut pas se venter d’avoir grandi dans un lieu paradisiaque où d’autres viennent en vacances, d’être entouré de verdure et de montagnes, de plages et de rivières (sans rentrer dans les détails fâcheux).. Juste grandir loin des grandes villes surpeuplées et vivre un climat plus ou moins plaisant toute l’année.

- Et pour finir qu'aimerais-tu dire à la version de toi enfant ?

N’écoute que toi et ton instinct meuf, tu déchires !

0 commentaire

Laisser un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant leur publication.